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Mickael Van Cutsem

Co-fondateur et Gérant

« De la vente de miel à la vente de services de veille environnementale réalisés par les abeilles et de projets environnementaux à valeur ajoutée… ou comment passer à un modèle économique privilégiant la valeur d’usage au volume d’un produit. »

  • Année de création : 2012

  • Effectifs : 9 

  • Secteur d’activités : 

    développement de projets environnementaux à valeur ajoutée, notamment sur base d’informations récoltées par des ruches d’abeilles réparties sur le territoire.

  • Chiffre d’affaires : > 500.000 euros

  • Localisation : Bruxelles, Belgique

Pourquoi il engage le mouvement ?

« Nous avons créé l’entreprise en 2012, avec pour raison d’être d’agir pour la préservation et la régénération de l’abeille et de son écosystème. Notre busines modèle initial, qui reposait sur la vente du miel, avait une faible rentabilité et nous incitait à intensifier la production par les abeilles, ce qui était contraire à notre objectif de les protéger. 

Ensuite, nous nous sommes diversifiés dans la location de ruches à des entreprises engagées dans des démarches de RSE, ainsi que dans la vente de conseils visant à protéger la biodiversité. Cette deuxième évolution ne nous permettait cependant pas non plus d’obtenir l’impact sociétal que nous recherchions pour protéger les abeilles et la biodiversité à grande échelle.

C’est grâce à l’Economie de la Fonctionnalité et de la Coopération que nous avons pu concevoir un modèle économique radicalement innovant qui peut nous apporter les moyens de nos ambitions sociétales. »

Les étapes de la trajectoire

Situation initiale

Lorsque Bach Kim Nguyen commence sa thèse de doctorat sur l’étude des causes de mortalité de l’abeille domestique à l’Université de Liège, en Belgique francophone, il ne sait pas encore que ses travaux seront à l’origine d’une entreprise sacrément innovante : BeeOdiversity.
Créée en 2012, cette entreprise décide de consacrer son action à agir pour la préservation et la régénération de l’abeille et de son écosystème. Or qui dit entreprise et abeille dit généralement production et vente de miel. C’est effectivement par cette activité que démarre l’entreprise. Très vite néanmoins, ses quatre fondateurs, en tête desquels Bach Kim Nguyen et Michaël Van Cutsem, prennent conscience que la production de miel n’offre que peu de moyens d’actions pour agir sur leur désir profond de protéger l’abeille. Pire, la pression financière à laquelle est confrontée toute entreprise apicole peut l’inciter à vouloir améliorer le rendement de ses ruches et par la même, à stresser l’abeille, allant dans le sens opposé à la raison d’être de BeeOdiversity.

Les fondateurs cherchent dès lors à engager BeeOdiversity dans un nouveau modèle d’entreprise afin de réellement mettre leur désir de protéger l’abeille et son environnement au cœur même du modèle économique de l’entreprise. Au départ, ils testent plusieurs pistes, notamment la mise en location de colonies d’abeilles à des entreprises associée à du conseil de mesures visant à préserver la biodiversité. Les motivations de ces dernières sont diverses et variées : participer à la régénération des abeilles et de la biodiversité, créer un projet fédérateur pour les équipes et les inviter à agir de leur côté, bénéficier d’un capital image positif à travers la mise à disposition de ruches sur le site de l’entreprise, pouvoir disposer de miel au logo de l’entreprise, …

Cette activité permet de progresser vers la raison d’être initiale de l’entreprise, puisque la possibilité d’installer des ruches sur une multitude de sites va dans le sens de la régénération de l’espèce. Par ailleurs, chacune de ces colonies va pouvoir polliniser son environnement direct, contribuant à la fécondation des plantes et des fleurs et donc à la préservation de la biodiversité. Finalement, les services à mettre en œuvre autour de ce service locatif permettent d’améliorer la rentabilité moyenne par ruche et de limiter au maximum la pression sur les abeilles dans le cadre de la production de miel.

Néanmoins, les fondateurs ne sont pas pleinement satisfaits de ce modèle, qui est peu différenciateur et qui, somme toute, a un impact avéré mais néanmoins limité. La raison d’être de l’entreprise initialement liée à l’abeille domestique, s’étend à la préservation des pollinisateurs et de la biodiversité en impliquant les parties prenantes concernées.

C’est alors que Michaël Van Cutsem entend parler de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC) et qu’il décide, avec ses associés, d’engager l’entreprise dans ce modèle.

De manière synthétique

 le nouveau modèle économique de BeeoDiversity part du constat que les abeilles ramènent dans leur ruche un échantillonnage de toutes les matières qu’elles ont butinées ou récoltées involontairement dans un rayon de 1,5 km. L’analyse chimique et biologique détaillée d’échantillons de pollen et/ou de nectar prélevés dans la ruche peut donc apporter un trésor d’informations relatives à la santé de l’environnement du territoire : présence de pesticides, de métaux lourds et d’autres polluants, diversité et qualité nutritive des espèces végétales, etc.  Grâce à sa capacité à interpréter ces informations, l’entreprise détient une formidable ressource immatérielle qu’elle peut valoriser auprès de divers clients-partenaires tels que des industriels de l’agro-alimentaires soucieux de garantir la qualité environnementale des sites d’où proviennent leurs matières premières (par ex. la zone de captage d’une eau minérale), ou des autorités territoriales souhaitant mesurer l’efficacité des mesure de protection environnementale qu’elle mettent en oeuvre.

en quelques mots

« Pourquoi ne pas valoriser les énormes ressources immatérielles détenues par nos millions de collaboratrices, à savoir les abeilles elles-mêmes ?  C’est notamment l’Economie de la Fonctionnalité et de la Coopération qui nous a donné cette clef pour reconfigurer radicalement notre modèle économique.

En passant de la vente de miel à la vente des services de sentinelle réalisés par nos abeilles, nous avons multiplié par 10 le chiffre d’affaires moyen généré par chacune de nos ruches. Ceci nous permet d’accélérer fortement le développement de notre entreprise et de démultiplier d’autant son impact sociétal en faveur de la protection de la biodiversité et de la diminution des pollutions. »

Mickael Van Cutsem, BeeOdiversity

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